La foi ne peut naître que dans le cœur d'un homme vivement pénétré du sentiment de ses péchés, convaincu du prix immense et de l'efficace divine du sang de Christ, et persuadé de la bonté de cœur avec laquelle le Seigneur Jésus veut le sauver, par la raison même qu'il est un misérable pécheur.
Cette œuvres de grâce présente quelque chose de plus grand que la création du monde.
Quand une âme est alarmée de ses innombrables forfaits, effrayée des peines que méritent ses péchés, toutes les forces de la nature réunies ne sauraient la porter à croire fermement qu'il y a une grâce et une volonté en Christ de sauver le pécheur.
Une âme possède le secret de l'Évangile, quand elle se décharge sur l'Agneau de Dieu du poids des péchés que Satan reproche à sa conscience.
C'est là faire hommage à Jésus comme à notre Sauveur, parce que c'est pour cela qu'il a voulu l'être.
Ne connaître de justice qu'en Jésus, et ne vouloir être sauvé que par son sang, c'est le sommaire de l'Évangile.
Ce qui met une âme à couvert de tout assaut, c'est lorsque ni le souvenir de ses meilleures œuvres, ni le sentiment de ses grandes misères, ne l'empêchent de dire avec confiance :
Rien, ô Jésus ! que ta grâce,
Rien que ton sang précieux,
Qui seul mes péchés efface,
Ne rend juste, saint, heureux.
Ne me dites autre chose,
Sinon qu'il est mon Sauveur,
L'auteur, la source et la cause
De mon éternel bonheur.