S'il eût été remis au libre arbitre de l'homme de régler l'ordre de la grâce et la voie du salut,
il ne se fût pas avisé de chercher sa félicité auprès de Jésus-Christ, qui la donne gratuitement,
et qui, par là même, ne saurait gagner la confiance du cœur humain.
Il l'aurait plutôt placée entre les mains des anges et des saints, à condition qu'ils la voulussent.
La nature aurait tellement disposé de l'acquisition du salut qu'elle eût pu l'acheter par des œuvres;
mais comme toute cette marchandise est avilie par le mérite de Christ,
il ne faut pas s'étonner que l'homme ait tant de répugnance à y recourir.
L'homme naturel aimerait mieux, pour être sauvé, faire toute autre chose que d'aller à Jésus et d'entrer en liaison avec lui.
Quant au Sauveur, il n'exige absolument rien de l'âme; mais l'âme voudrait à toute force l'obliger à recevoir quelque chose d'elle.