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 Rien n'est plus aisé que de prouver l'impuissance de notre propre volonté en ce qui regarde le salut.

L'incapacité de l'homme ne se démontre pas seulement par l'Écriture ;
elle se fait sentir dans le cœur,
pour peu qu'on se connaisse, et qu'on ait eu du commerce avec Jésus-Christ.

Toute présomption de nous-mêmes cesse quand il s'agit de nous approprier ses mérites et de nous cacher sous sa robe de justice.

Le Fils de Dieu est une personne trop élevée pour que la faible nature puisse d'elle-même entrer dans une union étroite avec lui,
ou seulement atteindre jusqu'à lui.

Il est si souverainement saint que la nature ne peut l'envisager qu'en tremblant.

Sa bonté est si inconcevable qu'il n'est pas possible à l'homme naturel de se la représenter aussi grande qu'elle est,
surtout lorsqu'il a découvert la laideur de son péché.

La gloire et la majesté de Christ sont trop infinies pour que la nature ose seulement s'approcher de lui pour le toucher.
Il faut qu'une vertu divine survienne dans l'âme pour lui inspirer cette liberté.
Tant il est vrai qu'il est impossible à la nature abandonnée à elle-même de connaître Jésus-Christ et de s'attacher à lui.