Étudiez-vous à être fidèle dans votre vocation, et que votre fidélité envers le Seigneur règle celle que vous devez à votre prochain.
Soyez en garde contre l'envie de posséder beaucoup ;
peu suffit à vos besoins.
Si vous regardez à la main qui donne, et à l'indignité de celui qui a reçu, fussiez-vous dans la plus grande médiocrité,
vous serez confus de vous voir aussi riche.
Mais quand le Seigneur vous comble de ses dons spirituels, que l'abondance de ses bienfaits et le nombre de ses libéralités ne vous en fassent pas méconnaître le prix.
Demandez des yeux qui ne voient personne moindre et plus indigne que vous.
Portez partout dans votre coeur un mépris si profond de vous-même,
que vous vous jugiez indigne de la société et même du support de tous les enfants de Dieu.
Si vous êtes obligé de voir les objets du monde qui passent rapidement, n'ayez des yeux que pour en voir la vanité,
et que Jésus soit l'objet qui fixe votre coeur.
Lui seul est digne de votre amour et de votre attachement.
Que votre plus grand sujet d'affliction soit de voir que le Seigneur Jésus est un personnage presque inconnu au Monde,
et qu'il y a si peu d'hommes qui fassent cas de lui.
Un objet vain, un jeu, une bagatelle est capable de leur plaire et de les occuper,
tandis qu'ils n'ont pour lui que mépris et indifférence.
Tel est l'effet de la funeste sécurité du cœur humain, qu'il regarde Jésus-Christ comme un personnage chimérique,
et son Évangile comme une fable et une fiction.
Ayez le cœur navré de douleur, quand vous considérez que, parmi ceux qui ont été baptisés,
il y en a plusieurs qui observent les rites extérieurs de l’Église,
mais peu qui entrent dans l'économie de la grâce.
Les plus dévots s'appliquent à la pratique de certains devoirs,
mais le nombre est petit de ceux qui font de Jésus leur principal objet,
et qui se rangent sous la discipline de son Esprit.
Résolvez-vous à porter le joug de Christ ; recevez-le avec joie, et faites consister votre plus grande gloire à être chargé de sa croix. Que ce soient mépris, railleries, affronts, injures, persécutions, ou d'autres mauvais traitements, il n'importe, pourvu que ce soit véritablement la croix de Christ que vous portiez et non une croix que vous vous soyez choisie et forgée vous-même.