Jamais un vrai chrétien n'est privé de consolation, si ce n'est lorsqu'il sort de l'ordre et de la voie de l'Évangile.
Or, il quitte cette voie, lorsque, perdant de vue la justice surabondante de Jésus,
il regarde avec satisfaction les bonnes œuvres et les belles qualités dont il se croit orné.
En agir ainsi, c'est fermer les yeux à la lumière du soleil, pour marcher à là faveur d'une lampe de nuit.
Prenez-y garde : Si vous prétendez tirer de votre propre justice un miel pour vous en délecter,
sa douceur se changera en un fiel des plus amers pour votre âme,
et toute lumière que vous tirerez de votre propre fonds pour vous conduire,
au lieu de vous éclairer, vous plongera dans les ténèbres les plus épaisses.
Tenez pour une tentation de l'ennemi, lorsqu'il vous vient à l'esprit de considérer le bien qui est en vous,
pour en tirer un motif de consolation.
Suivez l'attrait du Père qui vous présente la grâce acquise en son Fils,
grâce infiniment riche et abondante,
grâce qui seule rend l'homme pécheur agréable à son Dieu.
Il doit vous être doux de suivre la volonté de votre Père céleste, qui vous commande de rechercher la justice de Jésus ;
et ce qu'il commande, il le produit lui-même.
Ces pressantes sollicitations qu'il vous adresse sont des moyens également doux et puissants pour confondre votre incrédulité et pour ranimer votre confiance.
Toutes les fois qu'il vous vient de pareilles visites du Seigneur, recevez-les comme autant de faveurs inestimables, et répondez-y par des soupirs ardents, accompagnés d'actions de grâce.
Ces sortes de grâces vous doivent être d'autant plus chères,
qu'elles vous sont autant de garants de celles que Dieu vous destine encore.